Mon fils de 8 ans a été harcelé physiquement à l'école pendant 3 mois jusqu'à ce qu'il ait enfin de courage de m'en parler.

Il n'est pas gros, il n'est pas roux, il n'est pas maigre non plus... il doit pourtant y avoir quelque chose car déjà à 3 ans il me disait "on m'a agressé la capuche", il se faisait déjà embêter. Je crois qu'il est trop gentil, trop intelligent, différent... J'ai peut-être fait l'erreur de lui dire de ne jamais taper, de lui apprendre que le faible tape mais que le fort se défend par la parole. J'ai eu tord. Si c'était à refaire, je lui apprendrai moi-même à donner bon un coup de boule.

J'espère que vos enfants auront la chance de ne jamais rentrer de l'école avec des bleus sur leur petits corps, de ne jamais les entendre gémir car les douches sont douloureuses, de ne jamais avoir la diarrhée ou vomir systématiquement avant d'aller à l'école, de ne jamais repartir de l'école la boule au ventre car on a laissé son enfant dans un endroit où il n'est pas en sécurité, de ne jamais se cacher pendant les récréations pour ne pas se faire taper, de ne jamais perdre confiance dans les adultes car personne ne les a aidés, de ne jamais les entendre dire : "j'ai failli mourir d'angoisse" ou encore "de toutes façons, je n'irai plus jamais à l'école", parce que cela moi, je sais trop ce que cela peut faire. je me suis rendue compte que lorsqu'on dit les choses dans l'éducation nationale, cela se retourne contre vous ou plutôt contre votre enfant. Alors au lieu de dépenser de l'énergie à faire vos campagnes ou vos clips contre le harcèlement, vous feriez mieux de vous atteler à sanctionner les directeurs/directrices d'école qui ferment leur yeux car il ne faut surtout pas de vague et qu'ils ne veulent pas perdre de points pour leur retraite car le bien être de nos gamins, ils s'en foutent éperdument.

Je me suis battue comme une lionne. Il a changé d'école et va beaucoup mieux mais les cicatrices seront longues à se refermer.

J'ai attendu que la colère passe un peu et puis j'ai écrit, à l'inspecteur de l'académie, au rectorat et ce soir au Ministre de lEducation nationale.

Les réponses, je m'en fiche. Ce que je veux, ce sont des actes pour que ce qui est arrivé à mon fils, n'arrive plus jamais à personne.

Je souhaite ne plus être angoissée lorsque je laisse mon fils à l'école. Ne plus me faire du souci pour son avenir ou ses futures écoles.

Ce que je souhaite est quelque chose de tellement normal...